La Sainte Cène 9°

 

 

  LA SAINTE CENE  (9) 

     Ces réflexions sont a méditer autant par les Chrétiens éclairés, les serviteurs tel que Prêtres, Pasteurs, anciens, que tout hommes, femmes ayant ou n’ayant pas de responsabilités ou de charges dans une communauté Chrétienne .

    C'est avec ces sentiments, ô Dieu, que je célébrerai la fête solennelle qui me rappelle ton amour & ma félicité . O puissent ces sentiments m'animer pendant tout le reste de ma vie ! Puisse ma vie entière n'être consacrée qu'à la reconnaissance, qu'aux douces joies de la piété, qu'à la charité la plus vraie, la plus noble & la plus pure , qu'à l'exer­cice confiant des plus belles vertus !

    Non, jamais je n'oublierai les biens inap­préciables & infinis, dont je te suis redeva­ble , ô Père miséricordieux, & dont tu m'as comblé par ton fils Jésus-Christ . Jamais je n'oublierai, quelle serait mon ignorance, ma misère, mon désespoir, de quelles incertitudes, de quels doutes je serais tourmen­té , sous quel joug pénible & ignominieux je gémirais, à quelles craintes, à quelles angoisses me livrerait en proie l'idée d'un Dieu vengeur, l'idée de l’anéantissement total de mon être, ou des punitions que je redouterais après la mort ! Jamais je n'oublierai combien ma vie aurait peu de charmes, combien là mort me paraîtrait affreuse, si je ne te connaissais pas, ô mon Dieu, si je n'étais pas assure de ta clémence & de ta grâce, si l'espoir certain d'une vie éternelle ne relevait pas mon courage abat­tu ! Toutes les fois donc que j'éprouverai l'heureuse influence de la lumière qui m'é­claire, des consolations qui me délectent, des encouragements qui me soutiennent, de la liberté & des espérances qui m'animent, je ferai monter vers toi, à mon libérateur & mon suprême bienfaiteur, les louanges, les actions de grâces les plus sincères, & je me réjouirai dans le sentiment de ma félicité !

    Agrées , comme un juste tribut de ma reconnaissance, les transports de la joie pure que j'éprouve en pensant à toi, Dieu bien-faisant, & en goûtant la félicité que tu m'as procurée ! Oui, je t'aime de tout mon cœur & de toute mon âme ; car tu m'as aimé le premier, tu m'as aimé infiniment plus que je n'aurais osé l'espérer. Je me réjouis plus en toi qu'en tous les autres êtres ensemble ; car tu es la source éternelle & intarissable de toutes nos joies . Qu'aucun sentiment d'angoisse ou de crainte servile ne profane les hommages que je te rends, ne trouble jamais le plaisir que j'éprouve en élevant mes regards vers toi, ô Père céleste ! Que l'idée que tu existes soit toujours, comme elle l'est actuellement, la vie de mon âme & une source de délices pour mon cœur !

    Qu'une piété filiale pour toi, ô mon Père, qu'une affection cordiale pour Jésus, qu'un zèle fraternel pour tous les hommes, que la charité, en un mot, devienne le mobile de toutes mes pensées & de toutes mes actions, l'amende toute ma conduite . C'est elle qui me soutiendra dans la pratique des vertus les plus difficiles, & qui adoucira les sacrifices les plus pénibles que tu exigeras de moi . C'est dans cette source que je puiserai principalement des forces pour faire le bien,  pour supporter les maux de la vie présente, & pour aller avec assurance au-devant de la mort . La charité n'est elle-même que féli­cité ; elle nous inonde des plus douces joies . J'ouvrirai mon cœur à son influence salutaire & je suivrai constamment ses inspirations & ses conseils .

    Pénétré de gratitude & d'amour, je me consacre solennellement à toi, ô mon Père ! Je me voue à ton adoration , à la pratique de tes lois, au service de mes frères . Péné­tré de gratitude & d'amour, j'obéirai volon­tiers & avec zèle à ton fils, à ton représentant, à ton image, à celui qui s'est si généreusement sacrifié pour nous ; j'entre­rai avec joie dans ses vues, & vivrai selon les préceptes de celui qui est mort pour moi .

    Animé, conduit par la reconnaissance & la charité, je ne saurais manquer le chemin de la vertu ; j'y marcherai avec allégresse & avec ardeur, sans me laisser décourager ni abattre par les obstacles & les difficultés que j'y rencontrerai ; je suivrai avec un joyeux empressement les traces de mon chef, & quand ma dernière heure sera venue, j'en­trerai plein d'une douce & ferme assurance, dans le royaume éternel de la lumière, de la félicité, que tu as promis à tes enfants & auquel tu nous appelles par ton fils Jésus-Christ . Amen !

A suivre

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