Du 23 septembre 1876

  PENSEES DU MATIN 

 23 septembre 1876. 

 * En toutes occasions exposez vos besoins à Dieu : Philippiens 4/6 * 

    Quels besoins ? Tous vos besoins . En toute occasion .

    Donc pas de circonstance si futile, pas de difficulté si mesquine qu'on ne puisse en entretenir Dieu . Nos plus petites faiblesses, nos plus infimes misères, nous pourrons et devrons tout lui apporter . Cela seul permet de ne s'inquiéter de rien .

    Je puis parler à Dieu d'une difficulté matérielle, d'un détail de mon ministère, d'une question de ménage, d'un embarras pécuniaire .

    Pourquoi les prières sont-elles si souvent vides et froides ; pourquoi ? Parce qu'on s'imagine que Dieu se plaît uniquement aux grands sentiments, aux sujets généraux, aux demandes de l'ordre spirituel et aux grandes envolées . Pour alimenter ta prière, n'as-tu pas ta vie journalière ? Raconte à Dieu tes ennuis, tes préoccupations ; ne crains pas de le lasser, tu verras le bien que te fera ta prière ; elle sera un besoin, une nécessité pour toi .

    Attention aux prières stéréotypées, toutes sur le même cadre . La sincérité, la vérité, voilà le meilleur remède à la monotonie des prières . La vraie prière est variée comme la vie, car elle est la vie même, présentée et offerte à Dieu par le croyant .

 Il y a trois sortes d'élement dans la prières : 

    L'adoration : C’est l'affirmation pure et simple de nos sentiments pour Dieu et de notre foi en lui . C'est l'élan de nos cœurs vers lui . C'est l'effusion de nos âmes dans la sienne .

    La requête : Les demandes proprement dites qui sont ainsi considérées non comme la prière elle-même, mais comme un élément de la prière . Il y a des chrétiens qui ne savent que demander, et ne savent jamais comment adorer . Pour se figurer ce que Dieu en pense, il faut se représenter une mère dont l'enfant ne viendrait à elle que poussé par le besoin, et qui ne lui parlerait que pour lui demander . La prière d 'adoration est dans notre rapport avec Dieu, ce que la conversation, l'échange, l'intimité est dans nos relations de famille et d'amitié . La requête est un des éléments de la prière, mais elle ne l'absorbe pas tour entière .

    Enfin, il y a les actions de grâces par lesquelles la foi prend possession des bien faits obtenus par la prière . Sans l'action de grâce, les dons de Dieu n'ont pas de valeur pour la foi et sont perdus pour elle .

 L’effet d'une telle prière : la paix de Dieu, pourquoi ? 

    1° Paix de l'âme . Comme don de Dieu : Dieu envoie sa paix en réponse à nos prières, par le Saint-Esprit .

    2° Paix du cœur . Les soucis ne me pèsent plus à moi , ils sont l'affaire de Dieu à qui je les ai confiés .

    3° Paix de la conscience . Je n'aurais confié à Dieu aucun désir coupable ; en s'élevant à lui, mes besoins se sont purifiés, mis en harmonie avec sa sainteté ; tout en lui disant mes difficultés, j'aurai discerné ce qui en elles est le fait du péché .

    Cette paix surpasse toute intelligence . En effet elle est incompréhensible à l'esprit humain . La paix du croyant est un problème pour l'homme qui est sans Dieu ! le croyant lui-même est étonné parfois des flots de paix qui viennent inonder son cœur .

    Cette paix garde les cœurs et les pensées en Jésus-Christ, c'est-à-dire qu'elle fait de Jésus-Christ l’objet des pensées et le refuge du cœur ; les pensées et les cœurs restent gardés en Jésus-Christ .

    Remarquez que la paix de Dieu nous garde ; ce n'est pas nous qui la gardons !

Du 17 octobre 1876 

    Que Dieu doit être triste de notre manière d'agir à son égard !

    Quand tout va bien dans notre vie, quand rien ne nous blesse, nous l'oublions, nos prières sont des formules de politesse que nous lui jetons en passant, par commande plutôt que par besoin . Survienne un sujet de tristesse et tout change ; l'horizon se voile, nous crions à Dieu et nous réclamons du secours .

    Je demande à Dieu une faveur, c'est qu'il ne permette pas que jamais mon bonheur terrestre me le fasse oublier, me fasse désirer moins ardemment sa présence, que je sache toujours que l'homme ne se vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui sort de la bouche de l'Eternel .

    Le bonheur, s'il n'est pas sanctifié par la prière et l'action de grâce, il s'étend un voile entre nous et Dieu . Ce voile, la douleur seule le déchire . N'oublions pas que l'épreuve ne devient nécessaire que Par notre infidélité .

Tiré des notes journalières Du Pasteur Alfred Boegne et transmis par J. T.

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