CENTRAFRIQUE

Mali Centrafrique : deux pasteurs témoignent de leur cheminement

    Légende photo : L’église actuelle du pasteur Bogolo 

Capsuleb 540   Quatre ans après les violences qu’ils ont subies, deux pasteurs de Centrafrique parlent à cœur ouvert du chemin parcouru et de leur volonté d’aller de l’avant .

    Aujourd’hui, les pasteurs Vogbia et Bogolo n’ont plus de rancune . Et pourtant… « Chaque fois que je passe près de l’endroit où vivait ma famille, je me sens mal . Les plantes sauvages ont envahi les ruines . Mais j’ai besoin de surmonter ma colère et d’agir avec amour envers mes frères musulmans », confie Jean-Éric Vogbia, lui-même d’arrière-plan musulman .

 « Avec Dieu, un nouveau départ est possible »

    « Avec Dieu, un nouveau départ est possible » . C’est ce qu’affirme Gilbert Bogolo. Son église se réunit sous une tente dressée dans l’arrière-cour de la maison d’un des membres . « Ce n’est plus l’affluence comme avant, mais les chrétiens qui sont restés sont plus engagés que jamais . Chaque dimanche, les dons traduisent leur détermination » , reconnaît-il . L’assemblée a acheté une nouvelle parcelle de terrain et envisage d’y construire un autre bâtiment .

 « Ce qui est arrivé, c’était pour me faire taire »

    « Les rebelles ont voulu me punir . Ils ont voulu me réduire au silence, moi le prédicateur par qui les musulmans se convertissent au christianisme », reprend le pasteur Vogbia . L’idéologie des extrémistes islamiques alimente encore la violence entre les communautés, et beaucoup ont été entraînés dans cette spirale .

 Les cicatrices se referment lentement

    Ces deux pasteurs vivaient dans le quartier PK5 de Bangui, un secteur à majorité musulmane . Le 5 décembre 2013, ils ont fait partie des premières cibles des combattants de la Séléka. Jean-Eric Vogbia se souvient : « Mon téléphone a sonné à 8h . Les militants m’ont annoncé qu’ils venaient de tout détruire chez moi et de mettre le feu à la maison . À midi, un nouvel appel disait que mon fils aîné avait été abattu » . Malgré le suivi post-traumatique, l’épouse du pasteur Vogbia n’est pas complètement guérie . En s’appuyant sur Dieu, Jean-Eric Vogbia et Gilbert Bogolo se sont engagés à travailler pour la réconciliation entre chrétiens et musulmans en privilégiant le dialogue .

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 * Remercions Dieu pour l’exemple des pasteurs Vogbia et Bogolo .

 * Prions pour que l’Église poursuive son œuvre de réconciliation .

 * Prions pour la restauration des Centrafricains et de leur pays .

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