Réflexion d'un Pasteur Anglican sur l' Épîtres de L'Apôtre Paul aux Hébreux
Éditée en 1836, Légèrement modifié et adapté dans un français d'aujourd'hui . J.T.
CHAPITRE 9
Dans le chapitre précédent, L'Apôtre Paul a parlé du tabernacle de Moïse et des divers actes du culte qui s'y célébrait comme étant un type des choses célestes . Ici il continue son sujet en le développant de plus en plus . Il donne une description du tabernacle et des diverses pièces dont il était formé à l'intérieur et à l'extérieur . Il en parle comme de deux tabernacles distincts ; énumérant les ustensiles qui appartenaient à chacun (Verset 1-5) . les Prêtres ordinaires, dit-il, n'avaient le droit d'entrer dans le premier appartement, le lieu saint (verset 6) ; mais dans le second, le lieu très-saint, le Souverain Sacrificateur pénétrait seul, une fois par an, avec le sang du sacrifice dont il faisait une expiation annuelle pour ses propres péchés et ceux du peuple (vers. 7) . En excluant les Prêtres et le peuple, du sanctuaire intérieur, où la présence divine était manifestée, le Saint-Esprit indiquait que le chemin du ciel n'était pas ouvert tandis que le premier tabernacle était encore debout (verset 8) . Le service de ce tabernacle et ses offrandes, ses sacrifices, ses ablutions, ses cérémonies n'avaient été imposées aux Israélites que jusqu'au temps où ces institutions typiques devaient être redressées (vers. 9-10) . L'Apôtre Paul représente Christ comme le Souverain Sacrificateur qui est entré dans le lieu très-saint du ciel, non avec le sang des animaux, mais avec son propre sang, qui a obtenu une rémission des péchés, non pas annuelle, mais éternelle (vers. 11-12) . Il montre combien le sacrifice expiatoire de Christ est supérieur au sacrifice des victimes, qui n'était destiné qu'à effacer une souillure légale et à prévenir des punitions temporelles, tandis que celui de Christ, par sa valeur intrinsèque, nettoie la conscience de la coulpe du péché (vers. 13-14) ; c'est a cause de cela qu'il est le Médiateur de la nouvelle alliance, par laquelle ceux qui sont appelés, ou les fidèles de toutes nations, reçoivent les promesses d'un héritage éternel (vers.15) .
Le sens des versets 13à 17 est fort obscurci par nos traductions . Le mot grec, rendu par Testament, est le même qui, dans tout le reste de cette Épître, a été traduit par celui d'Alliance . L'altération qu'on lui a fait subir dans ces trois versets ne nous semble pas justifiée, car elle vient à la traverse de l'argumentation que l'Apôtre a suivie jusque-là . Le sens de la traduction littérale paraît être ceci : L'Apôtre Paul ayant parlé au verset 14e de l'efficacité du sang de Christ, et de sa mort au 15e la nécessité de cette mort est pressée au 16e et au 17e verset, d'après une circonstance familière aux Hébreux, savoir, que toute alliance entre Dieu et l'homme devait être scellée d'un sacrifice, et que le sang de la victime intervenait comme instrument de sanctification, d'où il résultait que tant que le sang n'était pas versé, l'alliance n'était pas ratifiée ; c'est donc par la mort que l'alliance est rendue ferme, vu qu'elle n'a point de vertu tant que la victime est en vie . Pour preuve de cette proposition, L'Apôtre Paul rappelle aux Hébreux que lorsque la première alliance fut donnée, Moïse arrosa de sang le peuple, les vaisseaux et le Livre . De même, sous la nouvelle Alliance, sans effusion de sang il ne se fait point de rémission des « péchés . Jésus a donc versé le sien pour mettre le sceau à son Alliance, et comme Souverain Sacrificateur, après sa résurrection, il l'a porté dans le sanctuaire céleste . Mais cette offrande volontaire ne doit plus être répétée, car elle efface les péchés pour toute l'Éternité ( versets 18-26) . Et de même que le peuple Juif attendait avec anxiété le retour du Souverain Sacrificateur, lorsqu'au jour de l'expiation il passait au-delà du voile, dans le lieu très-saint, en portant le sang de la victime, de même les fidèles attendent le retour de Jésus, sans péché, à ceux qui l'attendent à salut, (vers. 28) .
Bénissons Dieu de ce que la route du lieu très-saint nous a été ouverte par le sacrifice et l'ascension de notre Souverain Sacrificateur Jésus ! Maintenant, nous pécheurs d'entre les Gentils, nous pouvons nous présenter plus hardiment devant le trône de la grâce que ne le pouvait même le Souverain Pontife des Israélites .
Oui, le royaume du ciel est ouvert, une rédemption complète est assurée, un héritage éternel est donné à tous ceux qui croient au sang de ce Jésus, qui, par l'Esprit, s'est offert lui-même à Dieu sans nulle tache . Voilà ce qui purifie efficacement votre conscience des œuvres mortes pour servir le Dieu vivant, tandis que la grâce qui scelle le pardon, crée des âmes en nouveauté de vie . Nous hériterons de toutes les bénédictions promises à la nouvelle Alliance en croyant le témoignage que Dieu a rendu de son Fils . Jésus est la victime dont le sang lave tous les péchés ; Jésus, monté dans les lieux très-hauts, est le Prêtre qui maintenant présente son sacrifice devant Dieu, pour quiconque vient au Père par lui .
Est-ce ainsi que nous allons à Dieu ? Avons-nous la conviction que nos souillures ont besoin d'être lavées ? Reconnaissons-nous que et sans effusion de sang il ne se fait point de rémission des péchés ? Demandons-nous à Jésus de nous arroser de son précieux sang ? En lui se trouvent réunis le sacrifice et le grand Prêtre que préfiguraient les types de la loi juive . Oh ! s'il nous était donné de croire en lui pour sauver nos âmes ! Alors nous lirions ces mots sans terreur : II est ordonné aux hommes de mourir une seule fois, et après suit le jugement ; alors la mort serait dépouillée de son aiguillon ; nous saluerions de loin sa venue avec actions de grâces, ou si nous étions réservés pour ce grand jour où notre Souverain Sacrificateur reviendra dans sa gloire, nous lèverions la tête, sachant que notre délivrance est proche .
Que les adversaires de la seconde venue personnelle de notre Sauveur remarquent la force de cette expression : à ceux qui l'attendent à salut, il reviendra une seconde fois sans péché ; et celle-ci, qui lui est analogue : au reste, la couronne de justice m'est réservée, et le Seigneur, juste juge, me la rendra en cette journée-là, et non-seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront aimé son apparition (2 Timothée 4/8) .
A suivre
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